Michael Wolff, le journaliste du sensationnalisme

De nos jours, avec la “course au scoop”, la pertinence informations transmises par les journalistes est un des éléments les plus important. C’est vrai quoi! On préférerait avoir des informations sur un réunion d’état secrète que les infos officielles auxquelles tout le monde a accès ou encore connaître la vraie vie de nos célébrités préférées et non pas seulement ce qu’ils se contentent de nous montrer. On pourrait donc définir un journaliste de qualité comme quelqu’un qui nous apporterait des information pertinentes et surtout “rares”.

Eh bien, préparez vous; Michael Wolf fait parti de ces journalistes qui nous propose les livres les plus dingues. Il raconte les histoires les plus folles et n’hésite pas à tout dire.

Il s’est infiltré dans la maison blanche, a manipulé Rupert Murdoch, le plus puissant baron de la presse ou encore nous a fait questionner sur la façon dont les « médias » sur Internet

se comparent aux médias édités traditionnels; Un vrai titan!

Une personnalité de prestige

Wolff, auteur de 7 livres, a été nominé trois fois pour le National Magazine Award, gagnant deux fois. Son deuxième National Magazine Award a été décerné à une série de chroniques qu’il a rédigées depuis le centre des médias du golfe Persique au début de la guerre en Irak en 2003. Il a également reçu un Mirror Award 2010 dans la catégorie Meilleur commentaire: médias traditionnels pour son travail à Vanity Fair. Cependant, il a résisté à l’étiquette de journaliste traditionnel ainsi qu’à celle d’un critique des médias. Il n’est pas intéressé par la presse de travail et se fait le centre de l’histoire en se focalisant sur les “boss” et les acteurs du pouvoir dans les médias, la technologie ou la politique. «Wolff est la création par excellence de New York, obsédée par la culture, le style, le buzz et l’argent, l’argent, l’argent. Pour Wolff, rien n’est plus érotique qu’un multimilliardaire », a écrit l’auteure Michelle Cottle.

Un talent précoce

L’homme de 66 ans a grandi dans le New Jersey dans le monde journalistique. Son père étant directeur de publicité et sa mère journaliste, il apprend très tôt les bases du métier. C’est le moins qu’on puisse dire car, a 17 ans, il fait déjà ses débuts en tant que “copy boy” au New York Times; le rêve!!

Il y publie son premier et son dernier article dans ce journal en 74; le profil d’Angela Attwood, une voisine de sa famille, également membre fondateur du groupe terroriste ”Symbionese Liberation Army(SLA), qui a aidé à kidnapper la célèbre Patricia Hearst. Cette histoire, bien qu’elle ne se soit pas répandue en France, a fait ravage aux Etats-Unis.

Depuis qu’il a quitté le Times, Wolf a travaillé comme écrivain, essayiste et chroniqueur médiatique pour des médias comme USA Today, Newsweek, Vanity Fair et The Hollywood Reporter. Le premier livre de Wolff fut White Kids (1979), un recueil d’essais extrêmement intéressant sur ce qui s’est passé après la fin des années soixante: Le conservatisme, la nostalgie, le malaise et l’espoir d’un peu d’amour. Dans ce portrait extraordinaire que Wolf a parfaitement su nous faire d’une génération ( en l’occurrence celle des années 60), on comprends d’une manière totalement nouvelle ce que signifie être libre et surtout, être blanc. Ce premier livre ne connaît pas un immense succès mais il souligne parfaitement le côté extrêmement critique du journaliste et son incroyable capacité de nous transmettre les choses tel qu’il les voit lui.

Une fiabilité souvent remise en question

Beaucoup de sophisme chez Michael

Malgrés sa sagacité, l’authenticité des propos de Michael est, à plusieurs reprises, remise en question. Il fait objet de nombreuses controverses à plusieurs moments de sa carrière. Plusieurs critiques comme David Carr, Brill’s Content ou encore Paul Farhi prétendent que c’est un embobineur de première. D’après nos chers dénonciateurs, Wolff veut créer le buzz au détriment de la véracité de ce qu’il raconte; il aurait soif d’argent (un peu comme nous tous). Une revue de Slate a même suggéré que Wolff aurait même admis ses propres embellissements. «Combien de mensonges assez graves avais-je dit? Combien de manquements moraux ai-je commis? Dans combien de violations éthiques suis-je tombé?” aurait dit Michael. C’est pas grave Michael, le peu de vrai que tu nous racontes reste quand même surprenant.

Le début de la fame

En 1991, Wolff lance Michael Wolff & Company, Inc., spécialisé dans l’emballage de livres. Son premier projet, Where We Stand, était un livre accompagné d’une série PBS.

L’autre grand projet de l’entreprise consistait à créer l’un des premiers guides sur Internet sous forme de livre; Net Guide a été publié par Random House.

À l’automne 1998, Wolff publie un livre, Burn Rate, qui raconte les détails du financement, du positionnement, des personnalités et de la répartition finale de la start-up Internet de Wolff; Wolff New Media. On pourrait qualifier ce livre comme un compte rendu hilarant et effrayant de la vie d’une startup Internet. Ce livre a connu un véritable succès: Le livre est d’ailleurs devenu un best-seller.

Cependant, dans sa critique du livre de Wolff, Burn Rate, Brill’s Content a critiqué Wolff pour ses « erreurs factuelles apparentes » et a déclaré que 13 personnes ont contesté le récit de Wolff à leur sujet et l’ont accusé d’avoir inventé ou modifié des citations: « Et aucun de ceux cités ne se souvient que Wolff ait pris des notes ou enregistré les discussions, dont certaines ont eu lieu il y a trois ans. ». 13 personnes c’est beaucoup (ou pas assez, qui sait?).

Quoiqu’il en soit, en août, Wolff a été recruté par le magazine New York pour écrire une chronique hebdomadaire. Au cours des six années qui ont suivi, il a écrit plus de 300 colonnes qui comprennent des critiques de l’entrepreneur Steven Brill, du banquier média Steven Rattner et de l’éditeur de livres Judith Regan. Il n’a pas chômé en tout cas!

Un journaliste imprudent dans ses propos

Son deuxième grand succès a été “The man who owns the news” (2008), basé sur plus de 50 heures de conversation avec Rupert Murdoch. Comment vous dire que Wolff n’y est pas allé mollo. Sans pitié, il n’hésite pas à dresser un portrait arrogant de l’ancien baron de la presse. On y accède au monde secret de “l’ancien démon”, très particulièrement à ses associés commerciaux et sa famille. Ce livre a, encore une fois, fait l’objet de nombreuse polémiques car sa narration est basée sur des conversations ou des informations obtenues de source indirecte. David Carr, le regretté journaliste des médias du New York Times à fait l’éloge de cette biographie tout en ajoutant que « Historiquement, l’un des problèmes avec l’omniscience de Wolff est que même s’il peut tout savoir, il a parfois tout faux ». Peter Preston lui a écrit un article plus ou moins étonnant qu’il a nommé “un peu de compassion pour l’ancien démon” dans lequel il remet en question tout le travail de Wolff. Wolff est décrit comme « beaucoup moins circonspect » que la plupart des autres journalistes. L’écrivain du Washington Post, Paul Farhi, nous déclare que Wolff « a un penchant pour susciter un argument et pousser les faits aussi loin que possible« .Bref, vous l’aurez compris, on ne peut pas faire aveuglément confiance à notre cher Michael même si il nous raconte toujours ce que l’on veut entendre.

Un livre qui fait fureur

Wolff a visé tout le monde, de Rupert Murdoch à Politico (en son temps de chroniqueur médiatique). Mais son plus gros succès a été “Le feu et la Fureur” publié en Janvier 2018 dans lequel il cible le célèbre président Américain Donald Trump.

Un témoignage rare et inédit sur le chaos qui règne à la maison blanche” a déclaré

Le Point. Lisez ce livre!” a conseillé Yann Barthès dans le Quotidien.

Dans ce best-seller qui a mis le feu à l’Amérique, Michael Wolff nous entraîne dans les coulisses de la Maison blanche dans laquelle il a passé environ 7 mois. Comment a-t il pu y accéder? Wolff a interviewé Trump en juin 2016 pour The Hollywood Reporter et a dressé un profil de Trump qu’il a très apprécié. Il en a tiré profit car, une fois élu, le président autorise à Wolff l’accès à l’aile Ouest de la Maison Blanche. Le journaliste devient alors « une mouche sur le mur« , se fondant dans le décor. Il dit avoir mené plus de 200 entretiens avec Trump et son équipe, et avoir été autorisé à assister à des événements à la Maison Blanche, sans que sa présence ne soit supervisée. Il compile, dans son livre, confidences des conseillers de la présidence et anecdotes croustillantes. Il trouve cette élection fascinante. « C’est l’histoire la plus extraordinaire de notre époque« , a déclaré Wolff à CNBC après les élections.

Le livre nous décrit, avec beaucoup de précision, presque la totalité de la vie de Trump, de ses relations pitoyables avec les cadres supérieurs de la Maison blanche, aux relations familiales de Trump en passant par son comportement quotidien, sa campagne présidentielle chaotique ainsi que ses plans d’avenirs pris par foucades. “Difficile d’être président des Etats-Unis quand on est le premier surpris par son élection” dit Wolff.

Les principales sources de ce livre? Son stylo ainsi que Steve Banoon, directeur de la campagne de Trump dans ses derniers mois et chef stratège de la Maison Blanche de janvier à août 2017. Il apporte énormément d’éléments; la première moitiée du livre est quasiment entièrement basée sur ses dires et les histoires qu’il nous apporte sur la campagne chaotique de Donald Trump. Il critique énormément la famille de Trump et révèle plusieurs informations “confidentielles”. Il est d’ailleurs accusé d’avoir violé un accord de non-divulgation. Le livre cite bon nombre de témoignages décrivant Trump comme un homme dépourvu d’intelligence comme de curiosité intellectuelle. “C’est pire que ce que vous pouvez imaginer. Un idiot entouré de clowns.” affirme Wolff dans son livre

L’huile sur le feu

C’est Trump lui même qui accentue la popularité de ce livre en essayant tout simplement de l’interdire. C’est tristement vrai! Enfin…. Tristement pour lui parce que nous, nous nous sommes éclaté à regarder, un bol de pop-corn aux mains, cette tentative de violation de de liberté d’expression. Se serait-il cru dans une dictature? Quoiqu’il en soit, l’avocat de Trump a cherché à empêcher la sortie du livre, par l’envoi d’une ordonnance par courrier à l’auteur et à l’éditeur, sous la menace d’un procès pour diffamation. Menace qui n’a pas semblé effrayer Wolff car il a, au contraire, avancé la date de publication du livre. Les avocats déclarent que la plainte ne citait aucune erreur précise dans le texte de Wolff

« En tant que citoyens, nous devons exiger que le président Trump comprenne et respecte le premier amendement de notre Constitution » à déclaré John Sargent à ses employés.

Selon d’autres avocats et un historien, les menaces d’un procès de Trump contre un auteur et un éditeur de livre étaient sans précédent par un président en exercice qui tentait de supprimer la liberté d’expression protégée par le premier amendement américain. Notez bien que, avant sa sortie le 5 janvier, le livre et l’e-book ont ​​atteint le numéro un à la fois sur Amazon.com et l’Apple iBooks Store, et au 8 janvier, plus d’un million de livres avaient été vendus ou commandés.

Cependant, la véracité des propos de Michael est, une nouvelle fois remise en question. C’est largement compréhensible car, il est vrai que le portrait du président dressé par Wolff est carrément crédible, confirmant ce que nous pensions tous déjà, que les récit de Wolff collent parfaitement avec les événements officiels. Mais tout ceci a été joint à tellement d’autres choses qui ne peuvent être confirmées et qui laisse le lecteur dans le doute.  » Je comprends que les journalistes soient sceptiques quant au reportage et à l’approvisionnement de Michael Wolff. Mais demandez-vous: quel pourcentage de ce chapitre devrait être vrai pour révéler l’administration la plus incompétente, corrompue et brisée de l’histoire?

20%? 10%? 5%?

C’est assez vrai« 

Jason Mittell (@jmittell) January 4, 2018

Dakir Kanza

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