VOYAGE DANS LES ÉTOILES, RETOUR SUR TERRE

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Il y a des années lumières, dans le Moyen-Atlas du Maroc, Mehdi Khoali est né. Encore plus petit que Pluton, ses ambitions étaient déjà aussi grandes que Jupiter. C’est dans un monde merveilleusement inconnu qu’il nous fait pénétrer.
“Je voulais être ingénieur en aérospatial, ce que je suis effectivement devenu.”
1996, baccalauréat série Scientifique spécialité mathématiques, le premier pas vers un cursus qui se clôturera par un Master en ingénierie aérospatiale dans la prestigieuse université de Columbia aux Etats-Unis.
Il s’agit d’un rêve d’enfance qui est né en suivant dans les médias les différentes missions spatiales des États-unis, notamment Challenger, Atlantis, Discovery et Columbia. Mehdi s’est d’ailleurs spécialisé dans le design des systèmes de propulsion et il était bien parti pour faire carrière dans le génie aérospatial après avoir été contacté par des laboratoires de recherche en propulsion à la sortie de l’université.
Dessin réalisé par la rédactrice
“Cependant, j’exerce aujourd’hui au sein d’une banque multilatérale de développement et rien dans mon cursus ne me prédestinait à ce travail.”
Avec l’essor des banques d’affaires pendant les années 1990, les ingénieurs avaient le vent en poupe et étaient très sollicités par de nombreux établissements qui étaient alors à la recherche de “Quants” (analystes quantitatifs) capables de développer des modèles mathématiques pour “pricer” des produits dérivés. Ces “Quants” doivent être d’excellents matheux capables de modéliser les prix de produits dérivés en utilisant des processus stochastiques et des équations différentielles partielles, ce qui n’était pas tout à fait à la portée de financiers ou d’économistes de formation. C’est ainsi que l’ingénieur en aérospatial a travaillé dans des banques d’affaires pendant 3 ans à New York puis à Londres.
Aujourd’hui c’est dans un autre domaine qu’exerce notre matheux en herbe : la lutte contre la corruption. Son activité actuelle consiste à promouvoir l’intégrité et à lutter contre la corruption dans les activités financées par la Banque africaine de développement (BAD), il s’y est retrouvé à la faveur d’une promotion interne à la banque, quand le bureau de l’auditeur général était à la recherche d’un investigateur qui maîtrisait les projets.
L’organisation de campagnes de sensibilisation aux questions de fraude et de corruption ainsi que leurs effets néfastes sur l’économie fait partie de son agenda d’action. Il mène également des enquêtes lorsque des pratiques passibles de sanctions sont constatées dans les projets financés par la BAD.
La lutte contre la corruption figure sur l’agenda économique de tous les pays en voie de développement. La corruption freine le développement économique, réduit l’accès aux services sociaux pour les citoyens et favorise l’établissement d’un environnement caractérisé par l’arbitraire, l’incertitude et l’érosion des valeurs morales. Promouvoir l’intégrité et lutter contre la corruption revient à contribuer au développement économique des pays africains.
Quand Mehdi n’est pas en train de suivre les actualités spatiales ou lutter contre la corruption, il étudie l’histoire des Balkans et de l’Empire Ottoman pour laquelle il se passionne. Une petite partie de Badminton est toujours la bienvenue.
Le lycée, une expérience et un vécu
Sur le plan professionnel, l’expérience au lycée Descartes a permis à Mehdi d’acquérir une réelle capacité analytique, un esprit critique, une aisance rédactionnelle et une vaste culture générale. Ses années au lycée lui ont également appris le sens du dialogue, du consensus, de l’autonomie et de la responsabilité.
Sur le plan personnel, les années passées au lycée lui ont permis de développer un vrai socle de valeurs humaines telles que la tolérance, le respect et l’ouverture aux autres, l’importance du vivre ensemble dans un environnement multiculturel, et le refus des stéréotypes et des discriminations.
Ihssane Boulanouar

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