Hshouma, brisons les tabous

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Hshouma est une exposition de Zaineb Faisiki bédéaste marocaine. Des contrastes de noir et blanc dans un environnement, que les oeuvres rendent, surnaturel. Lumineux, épuré, censuré mais intense, Zaineb nous emmène au coeur d’une réflexion profonde du dessin et de la société marocaine.

Hshouma, c’est 10 dessins à propos des tabous marocains sur la femme que Zaineb a pour but de briser. Au travers de ses dessins en partie censurés, on peut voir que la Marocaine est au centre d’un conflit social qui atteint son paroxysme. On lui reproche de faire tomber les hommes amoureux, le maquillage ou l’épilation sont des “prérequis” pour être acceptable, elle subit le harcèlement de rue, les agressions sexuelles ou autres “joyeusetés”, elle doit correspondre à l’idéal marocain : être une femme au foyer, dévouée à son mari et ses enfants et ne doit pas penser à sa condition juste accepter sans moufter et elle n’a pas le droit de se plaindre à propos de tout cela. Zaineb évoque aussi la régression de la place et les droits de la femme au Maroc. En effet sous les protectorats espagnols et français, les femmes pouvaient s’habiller librement en extérieur sans risques malgré la présence de personnes très conservatrices.

Le dernier tableau est comme une morale finale. Il ne faut pas les empêcher de vivre sous prétexte que cela est néfaste, car la véritable nocivité c’est de vouloir contrôler les femmes.

Le reproche majeur que je puis faire est l’idéalisation des corps représentés bien que l’on puisse le comprendre dans la démarche de dénonciation ou cela appuierait la pression physique de la femme et du “corps parfait” que la femme marocaine exemplaire se doit d’avoir.

Hshouma ce n’est pas non plus seulement une exposition féministe mais aussi écologiste. grâce à un dessin. L’homme n’est pas seulement en train d’abîmer la femme mais aussi la planète à cause du réchauffement climatique qu’il provoque.

Pour compléter son travail, Zaineb a pour projet un site internet en darija à propos de la sexualité, l’égalité des genres, l’homosexualité, le corps, les discriminations et les libertés pour sensibiliser les populations marocaines non anglophones, francophones ou arabophones à ces sujets, mais elle se heurte à une difficulté majeure : l’inexistence de termes permettant l’explication de ces thèmes. A l’heure actuelle, le site est disponible en anglais.

Cette exposition provocante au milieu des quartiers de banlieues où règne le patriarcat et la misogynie, nous laisse en suspens, dans une attente de suite.

Juliette WOJCIK

https://www.hshouma.com/
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